Aider un parent sur Internet, c’est tentant de prendre la souris. C’est souvent la façon la plus rapide… et la moins durable. Expliquer, écrire les étapes, laisser la personne cliquer : cela prend dix minutes de plus, et ça change la suite.
Personne n’est « nul en informatique » parce qu’il n’a pas grandi avec un smartphone. On manque surtout d’un rythme calme et de repères stables.
Expliquer plutôt que cliquer trop vite
Asseyez-vous du même côté de l’écran, ou restez au téléphone en demandant ce qui est écrit, pas ce que la personne interprète.
- nommez les boutons tels qu’ils apparaissent ;
- attendez qu’elle ait fini une action avant d’enchaîner ;
- acceptez qu’elle relise deux fois ;
- arrêtez-vous si la fatigue arrive.
Si FranceConnect ou un compte public bloque, traitez ce sujet à part : FranceConnect ne fonctionne plus.
Écrire les étapes, créer deux ou trois favoris
Une feuille près de l’ordinateur vaut tous les tutos trop longs :
- ouvrir le navigateur ;
- cliquer sur le favori « Impôts » ou « Ameli » ;
- s’identifier ;
- fermer la page une fois terminé.
Les favoris évitent de passer par un moteur de recherche, où les faux sites se glissent. On tape moins, on se trompe moins.
Mots de passe : simples à retrouver, pas simples à deviner
Un mot de passe noté dans un carnet rangé, ou un gestionnaire de mots de passe, vaut mieux qu’un même mot partout. Le gestionnaire n’est pas obligatoire : c’est une option, à expliquer sans jargon, si la personne le souhaite.
Ce qu’il ne faut jamais faire :
- envoyer un mot de passe par SMS « pour que je m’en occupe » ;
- réutiliser le code de la carte bancaire ;
- laisser un mot de passe collé sur l’écran dans un lieu de passage.
L’authentification à deux facteurs, en français courant
Beaucoup de comptes envoient un code par SMS ou dans une application. C’est une deuxième clé. Cela protège, mais cela suppose que le téléphone soit à jour et que le numéro soit le bon.
Si le téléphone change, anticipez la mise à jour du numéro auprès des organismes, sinon la connexion échouera plus tard.
Hameçonnage et faux conseillers
Un e-mail, un SMS ou un appel peut imiter les impôts, une banque, un opérateur. On vous presse, on menace, on demande un code.
Réflexe utile : raccrocher, ne pas cliquer, ouvrir le site habituel soi-même. cybermalveillance.gouv.fr décrit ces situations sans dramatiser inutilement.
Un proche de bonne foi ne devrait jamais demander les codes bancaires. Aidetout non plus.
Partage d’écran et confidentialité
Le partage d’écran peut aider à voir la même page. Il doit rester ponctuel, annoncé, et arrêté dès que l’aide est finie. Fermez les onglets bancaires avant. Ne laissez pas une session ouverte « au cas où ».
Aider, ce n’est pas devenir cotitulaire de tous les comptes. C’est la même limite que pour un parent qui vit seul : présence, pas prise de pouvoir.
À retenir — Une étape à la fois, des favoris, des mots de passe non partagés, et une méfiance saine envers les messages urgents. L’autonomie numérique se construit, elle ne s’impose pas en cinq clics.
Besoin d’un coup de main pour vos démarches ?
La conciergerie administrative Aidetout accompagne les seniors et leurs proches à distance, par téléphone : courriers, factures, dossiers, résiliations, aide numérique. Un interlocuteur humain, sans jargon.
Questions fréquentes
Je vais plus vite en le faisant à sa place. Est-ce grave ?
Pour une urgence ponctuelle, cela arrive. Si cela devient la règle, la personne ne saura plus recommencer, et vous serez indispensable pour le moindre renouvellement.
Quel navigateur conseiller ?
Celui qu’elle connaît déjà, à jour, plutôt qu’un nouvel outil « meilleur ». La stabilité compte plus que la nouveauté.
Puis-je garder une copie de tous ses mots de passe ?
Seulement si elle le demande clairement, et en mesurant le risque. Un carnet chez elle, ou un gestionnaire dont elle a la clé, est souvent plus sain qu’une liste dans votre téléphone.
Le partage d’écran est-il sûr ?
Il peut l’être s’il est volontaire, limité dans le temps, et sans affichage de données bancaires. Arrêtez-le dès que l’étape est finie.
Besoin d’aide pour avancer dans vos démarches ? Aidetout peut accompagner une connexion bloquée ou un formulaire, étape par étape, sans demander vos codes ni faire la démarche dans votre dos.
Le bon geste numérique, pour un proche, ressemble au bon geste administratif : on montre le chemin, on ne porte pas la personne jusqu’au bout sans qu’elle marche.
Sources utiles
- cybermalveillance.gouv.fr — hameçonnage, faux conseillers, bons réflexes.
- cnil.fr — mots de passe et données personnelles.
- franceconnect.gouv.fr — connexion aux services publics.