Mis à jour le 27 septembre 2026.
Quand l’entrée en EHPAD d’un parent se profile, la question du coût arrive vite, et elle inquiète. Le prix moyen dépasse souvent le montant de la retraite. Mais entre l’APA, les aides au logement, l’aide sociale et les avantages fiscaux, le reste à charge peut être nettement réduit. Voici les chiffres officiels les plus récents et les aides à demander.
Combien coûte un EHPAD par mois ?
Selon les dernières données de la CNSA (publiées en avril 2026, sur l’année 2024), le prix moyen d’une chambre seule en hébergement permanent est de :
- 2 164 € par mois dans une chambre habilitée à l’aide sociale ;
- 3 128 € par mois dans une chambre non habilitée.
Soit environ 1 000 € d’écart par mois. Les prix varient aussi beaucoup selon le département : de moins de 1 900 € en Lozère à plus de 5 000 € à Paris pour une chambre non habilitée. Ces montants comprennent l’hébergement et le « ticket modérateur » dépendance, mais pas les dépenses personnelles (coiffeur, pédicure, téléphone, mutuelle…).
Comprendre la facture : 3 tarifs
- Le tarif hébergement : chambre, repas, entretien, animations. C’est le plus élevé, payé par le résident. En moyenne, 66 € par jour en chambre habilitée et 98 € par jour sinon.
- Le tarif dépendance : l’aide à la toilette, aux repas, aux déplacements. Il dépend du niveau de perte d’autonomie (GIR). Tout résident paie au minimum le tarif des GIR 5-6, environ 6 € par jour ; le reste est en partie couvert par l’APA.
- Le tarif soins : il est pris en charge par l’Assurance maladie et n’est pas facturé au résident.
À noter : depuis juillet 2025, une vingtaine de départements expérimentent une fusion des tarifs soins et dépendance. La facture y est présentée différemment.
Comparer les prix avant de choisir
Le site officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr propose un comparateur des prix des EHPAD : il affiche le prix mensuel de chaque établissement et permet d’estimer le reste à charge après APA et aide au logement. C’est un bon point de départ pour faire une première liste.
Les aides pour payer l’EHPAD
L’APA en établissement
Pour les résidents classés en GIR 1 à 4, l’APA couvre une partie du tarif dépendance. Elle est en général versée directement à l’établissement. Jusqu’à 2 846,77 € de revenus mensuels, le résident ne paie que le tarif GIR 5-6.
L’aide au logement (APL ou ALS)
Un résident d’EHPAD peut toucher l’APL (établissement conventionné) ou l’ALS, selon ses ressources. Elle vient réduire le tarif hébergement et peut être versée directement à l’EHPAD. La demande se fait auprès de la CAF ou de la MSA.
L’aide sociale à l’hébergement (ASH)
Si les revenus de votre parent ne suffisent pas, le département peut payer la différence, dans un EHPAD ou une chambre habilitée à l’aide sociale. Conditions principales : avoir 65 ans ou plus (60 ans en cas d’inaptitude au travail). La demande se fait à la mairie ou au CCAS. Le résident garde au minimum 10 % de ses revenus (et au moins 125 € par mois) pour ses dépenses personnelles. Détails dans notre guide de l’aide sociale aux personnes âgées.
Deux points importants à connaître :
- les enfants (et gendres et belles-filles) peuvent être sollicités au titre de l’obligation alimentaire. Depuis la loi « bien vieillir » de 2024, les petits-enfants en sont dispensés ;
- les sommes versées par le département peuvent être récupérées sur la succession au décès.
Les avantages fiscaux
- Pour le résident : une réduction d’impôt de 25 % des frais de dépendance et d’hébergement, dans la limite de 10 000 € de dépenses par an, soit 2 500 € maximum (après déduction des aides comme l’APA ou l’aide au logement). Attention, c’est une réduction et non un crédit : elle ne profite qu’aux résidents imposables.
- Pour les enfants : les sommes versées pour aider un parent dans le besoin, y compris les paiements faits directement à l’EHPAD, peuvent être déduites des revenus au titre de la pension alimentaire.
Tous les détails dans notre article sur l’abattement d’impôt des personnes âgées.
Par où commencer ?
- Faire le point sur les revenus de votre parent (retraites, épargne) et le budget disponible chaque mois.
- Comparer 2 ou 3 établissements avec le comparateur officiel, en vérifiant s’ils sont habilités à l’aide sociale.
- Déposer la demande d’aide au logement dès l’entrée, et l’APA si elle n’est pas déjà versée.
- Si le budget ne suffit pas, déposer la demande d’ASH (idéalement dans les 2 mois suivant l’admission).
Si votre parent ne peut plus gérer ses papiers lui-même, une habilitation familiale peut vous permettre d’agir en son nom. Et si vous hésitez encore sur la solution, relisez notre guide personne âgée qui ne peut plus rester seule.
Les dossiers d’entrée en EHPAD, on peut vous aider
Dossier d’admission, APL, APA, aide sociale, courriers aux caisses : la conciergerie administrative Aidetout accompagne les familles à distance, par téléphone, pour que rien ne soit oublié. Les aides restent attribuées par les organismes compétents.
Questions fréquentes
Les enfants doivent-ils payer l’EHPAD de leurs parents ?
Pas automatiquement. Ils peuvent être sollicités au titre de l’obligation alimentaire, surtout en cas de demande d’aide sociale à l’hébergement. En cas de désaccord, c’est le juge aux affaires familiales qui fixe leur participation, selon leurs moyens.
Faut-il vendre la maison de son parent pour payer l’EHPAD ?
Ce n’est pas obligatoire. Mais si l’aide sociale à l’hébergement est accordée, le département pourra récupérer les sommes versées sur la succession, maison comprise.
L’APA est-elle récupérée sur la succession ?
Non, l’APA n’est pas récupérable sur la succession, contrairement à l’aide sociale à l’hébergement.
Sources officielles et liens utiles
- CNSA — Prix des EHPAD en 2024 (Repères statistiques n° 27)
- Service-public.fr — Aides financières en EHPAD
- Service-public.fr — Aide sociale à l’hébergement (ASH)
- Service-public.fr — Réduction d’impôt pour frais d’accueil en établissement
Prix moyens CNSA (données 2024, publiées en avril 2026) et barèmes en vigueur en 2026. Les prix de chaque établissement sont consultables sur le comparateur officiel.